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Eyes of Iran : Comment le régime surveille secrètement ses citoyens
Tout en bombardant l’Iran, Donald Trump et Benyamin Netanyahou appellent son peuple à se soulever contre le régime dictatorial, ébranlé mais toujours en place. Ce dernier dispose d’une arme sophistiquée de surveillance de la population : un puissant logiciel russe de reconnaissance faciale acquis en toute discrétion. Grâce à une fuite de données issues d’entreprises russes et iraniennes, Forbidden Stories et ses partenaires révèlent le fonctionnement de ce système de surveillance de masse.
Capture d’écran d’une vidéo obtenue par Forbidden Stories montrant l’utilisation du logiciel Findface dans une station de métro à Téhéran. Les visages ont été floutés pour préserver l’anonymat des personnes.
- Dans le plus grand secret, les autorités iraniennes ont acheté le logiciel russe de reconnaissance faciale FindFace en 2019, comme le prouvent des contrats que nous nous sommes procurés.
- FindFace permet d’identifier des visages en quelques secondes dans l'espace public et peut les comparer aux différentes bases de données des services de sécurité du régime.
- L'appareil sécuritaire iranien tente de dissimuler cette acquisition en recourant à des sociétés écrans.
- Plusieurs organes sécuritaires sont impliqués, comme les gardiens de la révolution ou le ministère du renseignement iranien.
Par Alexander Abdelilah et Frédéric Métézeau
3 mars 2026
Les partenaires du projet Eyes of Iran
Le Monde, Paper Trail Media, Der Spiegel, Der Standard, Tamedia et ZDF.
En collaboration avec The Signals Network.
L’équipe de Forbidden Stories
Directeur de publication : Laurent Richard
Rédacteur en chef : Frédéric Métézeau
Journaliste : Alexander Abdelilah
Coordinatrice de publication : Louise Berkane
Journaliste vidéo : Anouk Aflalo Doré
Fact-checking : Guillaume Vénétitay
Secrétariat de rédaction : Simon Guichard
Traduction : Sophie Stuber
Communication : Emma Chailloux, Camille Saint-Jean, William Clark
Partenariats : Emma Chailloux
Dimanche 1er mars au matin, alors même qu’Israël et les Etats-Unis bombardent l’Iran, des Iraniens reçoivent un SMS menaçant signé des gardiens de la révolution (IRGC), le bras armé du régime toujours en place malgré les attaques subies :
« Tout mouvement perturbant la sécurité sera considéré comme une coopération directe avec l’ennemi et sera traité avec fermeté ». Ce message est une réponse directe aux appels de Donald Trump et Benyamin Netanyahou la veille, au début des frappes. « L’heure de votre liberté approche. Une fois notre mission accomplie, prenez le contrôle de votre gouvernement (…) Ce sera probablement votre seule chance pendant des générations » a déclaré le président américain, casquette blanche USA sur la tête.
Un compte Telegram proche des gardiens de la révolution a relayé le même SMS menaçant dimanche 1er mars (Crédit : Capture d’écran Forbidden Stories).
Des scènes de liesse ont suivi l’annonce de la mort du Guide suprême Ali Khamenei, tué dans le bombardement de son quartier général ce samedi 28 février. Chants et danses dans les rues, applaudissements, cris de joie : certains Iraniens et Iraniennes célèbrent la mort du tyran. Mais le message d’avertissement des gardiens de la révolution est clair : ils ne laisseront rien passer, comme lors des soulèvements de décembre 2025 et janvier 2026 (voir encadré).
Parti fin décembre 2025 du Bazar de Téhéran contre la vie chère en Iran, un mouvement de contestation s’est progressivement diffusé dans tout le pays avec un pic de mobilisation début janvier 2026. Des témoignages étouffés ont depuis émergé, en particulier sur les 8 et 9 janvier. Deux journées pendant lesquelles les Iraniens sont descendus en masse et l’appareil sécuritaire de la République islamique s’est déchaîné. Des bilans provisoires évoquent plus de 30 000 morts en 48 heures. Un chiffre qui pourrait être sous-estimé. Pour le chercheur iranien en cybersécurité Nima Fatemi, tout indique - même si cela demeure impossible à vérifier sur le terrain - que le logiciel russe de reconnaissance faciale FindFace a été utilisé durant cette période en Iran :
« Compte tenu de l'intensité des événements et du fait que le régime iranien a dû déployer toutes ses ressources pour réprimer le mouvement populaire, je présume qu'il était très certainement opérationnel pendant cette période ».
Aujourd’hui, dans le cadre du projet Eyes of Iran, Forbidden Stories et ses partenaires Le Monde, Paper Trail Media, Der Spiegel, Der Standard, Tamedia et ZDF – en collaboration avec The Signals Network, organisation de protection des lanceurs d’alerte – révèlent l’utilisation par le régime iranien d’un logiciel russe de reconnaissance faciale de pointe. Potentiellement dévastateur pour celles et ceux qui voudraient redescendre dans la rue.
Durant les mobilisations des dernières semaines, les Iraniens et les Iraniennes se doutaient bien que les autorités disposaient d’un tel arsenal, comme en témoignent plusieurs vidéos similaires en provenance d’Iran. Sur l’une d’elles, un homme cagoulé et vêtu de noir escalade un poteau puis frappe sur la caméra de surveillance juchée à plusieurs mètres de hauteur. Elle tombe en morceaux. En bas, une foule de manifestants acclame le grimpeur.
Manifestant détruisant une caméra de vidéosurveillance à Shirvan, dans le nord-est du pays (Crédit : @Comentiz – Telegram).
Les femmes et les hommes aux premières loges de ces actes de sabotage et de bravoure dissimulent leurs visages, à l’aide de masques chirurgicaux, de foulards ou de capuches. Et pour cause : à l’été 2022 les autorités iraniennes ont annoncé le recours à la reconnaissance faciale dans l’espace public, notamment pour surveiller la manière dont les femmes s’habillent.
Image prise à Téhéran et partagée sur la chaîne Telegram iranienne @VahidOnline le 9 janvier 2026.
Fin 2022, Arya a été touché à la jambe lors d’une manifestation organisée après la mort de la jeune Mahsa Amini, décédée le 16 septembre de la même année après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour un hijab mal ajusté. La population était sortie en masse, donnant naissance au mouvement « Femme, vie, liberté ». Les morts de la répression se comptaient déjà par centaines. « Nous nous rendions dans les centres-villes, où nous voyions des caméras de surveillance, [qui pouvaient tourner] à 180 ou 360 degrés, capables de filmer la nuit, dans toutes les conditions, et d’enregistrer les voix », se remémore Arya auprès de Forbidden Stories.
Mansur, lui, a failli perdre sa fille Hasti à cause de ces technologies invasives. « Les forces de sécurité ont récupéré cette vidéo [filmée par la caméra de surveillance d’une banque alors qu’elle distribuait des tracts en faveur de « Femme, vie, liberté » ndlr]. C’est ainsi qu’elles ont trouvé Hasti. Elles se sont ensuite rendues à l’école pour l’arrêter ». Poursuivie, la jeune fille alors âgée de 13 ans se blesse grièvement. Elle survit mais en garde des séquelles neurologiques.
La surveillance de masse au service des mollahs
Post du journaliste Vahid Tafrihi au sujet de l’utilisation supposée de la reconnaissance faciale dans le métro Mashhad.
En décembre 2023, un journaliste du média Khorasan, pourtant proche du pouvoir, publie sur Instagram la photo d’un écran de contrôle du réseau de vidéosurveillance du métro de Mashhad, la deuxième ville la plus peuplée du pays avec plus de 3 millions d’habitants. « Les photos de toutes les personnes passant devant les caméras de vidéosurveillance sont diffusées sur de grands écrans avec mention de leur âge et de leur genre. La municipalité peut-elle expliquer le but recherché ? », avait-il écrit sans jamais donner aucune autre information.
Le 14 mars 2025, la Mission internationale indépendante de l’ONU sur la République islamique d’Iran écrivait que le régime des mollahs avait « massivement recours à la technologie pour restreindre la liberté d’expression », évoquant même « un nouveau logiciel de reconnaissance faciale [qui] aurait été installé en avril 2024 à l’entrée de l’Université de technologie Amirkabir de Téhéran ».
Mais durant toutes ces années, aucun journaliste ni média n’a pu décrire ou documenter les modalités concrètes de ce système de surveillance.
Vidéo de propagande du régime montrant la surveillance par drones de manifestants, publiée par la brigade Seyyed al-Shohada (AS) de la province de Téhéran (Crédit : Tasnim News).
Pour les journalistes locaux, il est évidemment impossible d’enquêter sur le sujet. Toute enquête en Iran est une histoire interdite. Le pays demeure l’un des pires en matière de liberté de la presse dans le monde, classé 176e sur 180, selon Reporters Sans Frontières. Aucun reporter indépendant du pouvoir n’y est à l’abri. Même la notoriété ne protège pas : RSF dénombre 12 journalistes incarcérés dont la prix Nobel de la Paix Narges Mohammadi, arrêtée en décembre 2025 puis condamnée à 7 ans et demi de prison.
Forbidden Stories, dont la mission consiste à poursuivre le travail des journalistes menacés ou assassinés, et ses partenaires, dévoilent pour la première fois l’implacable mécanique de cette infrastructure répressive dopée à l’IA. S’il est encore impossible d’évaluer les dégâts qui lui ont été infligés depuis l’attaque israélo-américaine du 28 février, elle continue de représenter un réel danger pour tout Iranien et Iranienne qui souhaiterait se soulever contre la dictature.
Traquer des milliers de personnes en même temps
Ce secret d’État prend forme à l’été 2019, un an après la Coupe du monde de football en Russie. Une compétition internationale qui avait également servi de vitrine internationale aux produits de vidéosurveillance russes. Comme le logiciel FindFace, édité par NtechLab, qui permet aux caméras d’identifier un visage dans une foule à partir d’une base de 500 millions de visages en moins d’une seconde avec une « probabilité de 98% », d’après un document promotionnel de l’entreprise consulté par Forbidden Stories.
Document autorisant la start-up iranienne à exploiter le logiciel russe de reconnaissance FindFace, en août 2019.
En août 2019, NtechLab, très proche du régime russe (voir encadré) accorde le droit d’utiliser son fleuron à une entreprise iranienne. Ce contrat, signé par le PDG russe de l’époque, Alexander Minin, autorise la startup Rasad Intelligent Technologies (Rasadco) à agir comme « partenaire intégrateur de systèmes ». Deux ans plus tard, c’est la société Kama qui prend la suite de Rasadco, après un rapprochement financier et administratif entre ces deux entités. Mais cette vente de FindFace en Iran est demeurée confidentielle jusqu’à ce jour.
« Beaucoup de gens savent que la vidéosurveillance existe. Mais ce n’est qu’une partie du problème », nous confie Ali (prénom d’emprunt), un Iranien connaissant l’écosystème technologique et sécuritaire de l’intérieur. La conversation avec lui se déroule par visioconférence chiffrée. Une pièce banale, des murs blancs, pas de fenêtre, aucun effet personnel. Rien qui ne permette de déduire où il se trouve. « La reconnaissance faciale et toutes les autres fonctionnalités permettant de relier les individus entre eux selon l’historique de leurs déplacements, ou de la manière dont ils peuvent être reliés [entre eux], voilà des choses que beaucoup de gens ignorent ».
Capture d’écran d’une vidéo obtenue par Forbidden Stories montrant l’utilisation du logiciel Findface dans une station de métro à Téhéran. Les visages ont été floutés pour préserver l’anonymat des personnes.
À partir d’un visage saisi sur le quai du métro à Téhéran ou Mashhad, les autorités équipées de la version iranienne de FindFace peuvent établir des listes de dizaines de proches de chacune des personnes ciblées. Une fonction nommée « interaction tracking » par la société russe et que les Iraniens ont conservée. « Ce système ne détecte pas seulement leurs visages et leurs mouvements, mais crée également une ‘cartographie sociale’ de leurs amis, et leurs relations, avec d’autres informations comme les plaques d’immatriculation », précise Nima Fatemi, fondateur de l’ONG Kandoo qui oeuvre pour la cybersécurité des populations vulnérables et à qui nous avons montré les documents confidentiels. « Il permet de suivre les déplacements de la personne ciblée et de surveiller tout le monde, partout. C’est un outil centralisé pour savoir qui est qui et comment les individus sont liés entre eux. »
Capture d’écran d’une vidéo obtenue par Forbidden Stories montrant l’identification de plaques d’immatriculation.
Ces capacités sont d’autant plus inquiétantes que Kama n’est pas une firme comme les autres. À en croire les éléments consultés par Forbidden Stories et ses partenaires, le patron de l’entreprise est membre des gardiens de la révolution. Une organisation en première ligne de la répression des dernières manifestations et classés « terroristes » par l’UE le 29 janvier 2026. « L’IRGC ne rend pas compte à une chaîne hiérarchique normale. Il rend compte directement au Guide suprême» [Ali Khamenei a été tué le 28 février], explique Matthew Levitt, spécialiste en renseignement et en contre-terrorisme au Washington Institute.
Des licences à « durée illimitée »
Pour voir le fonctionnement de FindFace version locale, Forbidden Stories a eu accès à plusieurs vidéos exclusives de 2021 servant à la promotion du logiciel russe auprès de clients potentiels en Iran. Dans l’une d’elles, sur les images filmées par des caméras de vidéosurveillance, les tourniquets de la station de métro Panzdah E Khordad à Téhéran sont clairement visibles. Ils laissent passer des dizaines de personnes à une heure de grande affluence. Une foule bien compacte et de tous âges se presse sous cet œil vigilant que personne ne semble remarquer.
Un autre flux, numérique celui-ci, est en action. En quelques secondes, chaque visage est cerclé de vert et répertorié à droite de l’écran, avec des informations telles que l’âge estimé, le genre, l’émotion détectée, ou encore la présence ou non de lunettes, de masque chirurgical ou de barbe. Pour Ali, cette technologie est plus efficace, comparée à d’autres disponibles sur le marché intérieur iranien : « certaines pourraient fonctionner mais pas dans un contexte de flux en direct avec des visages en mouvement ».
FindFace s’est diffusé progressivement dans la République islamique à partir de 2020, comme le montrent plusieurs contrats que nous avons pu consulter. Dans l’un d’eux, Kama a octroyé la licence du logiciel de reconnaissance faciale le 3 novembre 2020 à une firme nommée BPO pour une « durée illimitée ». L’outil, acheté 4 milliards de Rials, soit environ 80 000 euros au moment de la signature, doit permettre d’identifier « 100 millions de visages » sur des images et vidéos enregistrées précédemment puis téléchargées dans le système « en moins de 3 secondes ». Selon le contrat, ce système « n’a pas de limite intrinsèque ».
Ce mode offline est d’une redoutable efficacité selon Nima Fatemi : « Ils peuvent enregistrer toutes les vidéos possibles, télécharger toutes les vidéos des réseaux sociaux, saisir toutes sortes de données et les intégrer. Puis ils peuvent traiter toutes les images hors ligne afin d’identifier chaque personne, même sans déployer de forces de l’ordre dans la rue. Ils peuvent aller les arrêter plus tard, une fois la situation calmée et qu’ils disposent des ressources nécessaires pour procéder à l’arrestation ou à l’interrogatoire de cette personne ».
Mais BPO n’est pas seulement « l’un des plus grands fournisseurs d’équipements électroniques, de télécommunications et informatiques en Iran », comme elle le revendique sur son site. Elle est aussi une société écran dont le régime raffole pour dissimuler ses acquisitions confidentielles. Pour relier BPO aux autorités, il faut scruter les signatures d’un autre contrat, conclu en 2021, cette fois pour près de 9 milliards de Rials (environ 180000 euros à l’époque). Il n’y est plus seulement question de faire tourner la machine sur des images enregistrées ou trouvées en ligne, mais bien d’identification en temps réel par des caméras de vidéosurveillance. 200 sont prévues, adossées à une base de données contenant « 300 millions d’événements » – dans ce contexte, un « événement » est l’identification d’un visage par l’algorithme. Là encore, aucune limite n’est posée, ni sur la durée de la licence, ni sur le nombre de visages pouvant être fichés.
Contrat de vente du logiciel de reconnaissance faciale datant d’août 2021, avec les tampons de BPO et Samaneh Gostar Amin.
Sur ce contrat, deux tampons figurent parmi les acheteurs : celui de BPO et celui de la société Samaneh Gostar Amin. Les deux sont barrés d’une seule et même signature, montrant leur proximité. Or, Samaneh Gostar Amin a été actionnaire d’une filiale de Zaeem Technology Development Company, connue pour fournir des services informatiques ou de télécommunications aux gardiens de la révolution, au ministère de la Défense et à celui du Renseignement. Ce dernier, identifié pour son ciblage des dissidents, des journalistes et de simples citoyens est sanctionné par les États-Unis depuis 2022. L’utilisation du logiciel par ces acteurs sécuritaires a pu être confirmée par un document interne à Kama que Forbidden Stories a pu consulter.
Notre interlocuteur Ali confirme ce goût du secret : « Non seulement, ils n’ont pas recours à un appel d’offres public, mais ils savent précisément à quelle entreprise s’adresser. Les contrats comportent également une clause d’exonération fiscale (…) Il n’y a ni enregistrement, ni registre. Toutes ces sociétés écrans collaborent entre elles ». Contactées par Forbidden Stories et ses partenaires avant l’attaque conjointe israélo-américaine, les différentes entités citées dans cette enquête n’ont pas répondu à nos sollicitations.
L’appareil sécuritaire n’est pas le seul à avoir acquis le précieux logiciel. En 2020, l’université de technologie Sharif à Téhéran a signé deux contrats à des fins de
« surveillance » et se dit « enchantée » du service proposé, selon les documents étudiés par Forbidden Stories et ses partenaires. La municipalité de Mashhad, deuxième ville du pays et lieu saint du chiisme, a aussi acquis le logiciel de reconnaissance faciale pour 3 milliards de Rials (environ 65 000 euros à l’époque) et pour une durée « illimitée ».
« Il est désormais bien plus difficile pour le peuple iranien de se soulever » considère Ali avec gravité. Même si la République islamique est diminuée par la guerre en cours, elle demeurera impitoyable envers sa population. « Le régime lutte pour sa survie. La population n’est pas armée et peut facilement être massacrée ».
FindFace a été développé par la compagnie russe NtechLab, fondée en 2015 et se trouvant au cœur de l'appareil militaro-industriel et technologique russe, via la holding Rostec. Selon Julien Nocetti du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du ministère français des Affaires étrangères, cette dernière « dépend du ministère de la Défense et est dirigée par M. Chemesov, un proche de Vladimir Poutine ». Selon lui, NtechLab est devenu un véritable « laboratoire technologique national » depuis la Coupe du monde de football 2018 en Russie. Après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine le 24 février 2022, Rostec a été rattachée directement à l’administration présidentielle. Quant à Ntechlab, elle a été sanctionnée par l’UE en juillet 2023 pour des « violations graves des droits de l'homme en Russie » et placée sur une liste noire américaine en décembre 2024, pour ses actions « contraires aux intérêts de la sécurité nationale ou de la politique étrangère des Etats-Unis ». Mais elle continue à faire la promotion de ses produits comme FindFace, notamment employé pour traquer des journalistes indépendants et des soutiens à l’ex-opposant numéro 1 Alexeï Navalny. En juillet 2022, Business Insider avait révélé que NtechLab comptait plus de 1100 clients, grandes entreprises occidentales ou « agences gouvernementales », dans plus de 60 pays. Aujourd'hui, la firme revendique avoir vendu FindFace et ses autres produits à « 400 clients majeurs » dans 34 pays. L’un d’eux manque à l’appel sur le site de l’entreprise : la République Islamique d’Iran.
Vidéo de promotion du logiciel FindFace publiée sur le site de NtechLab (Crédit : capture d’écran Forbidden Stories).
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