The Daphne
Project

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LES ENQUÊTES
DE DAPHNE

Projet Daphne : toutes les publications

Des organisations de presse du monde entier ont participé à une enquête collaborative unique pour faire vivre le travail de Daphne.

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La Commissaire Européenne chargée de la Justice bientôt en visite à Malte

Věra Jourová déclare se rendre sur l’île dans les prochains mois, ajoutant à la pression sur les autorités locales

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Scandale à Malte après les premières révélations du « Projet Daphne »

L’opposition de centre droit a demandé « au gouvernement de faire la vérité et d’arrêter de nuire à la réputation du pays ».

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"Projet Daphne" : 18 médias internationaux s’unissent pour poursuivre les enquêtes d’une journaliste maltaise assassinée

Six mois après l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, 18 médias internationaux, dont Radio France, réunis par l’organisation Forbidden stories s’apprêtent à sortir une série de révélations sur la corruption et le blanchiment d’argent à Malte.

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NOTRE
COLLABORATION

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Même si vous parvenez à arrêter un messager, vous n’arriverez pas à arrêter le message.

45

Journalistes

Pendant 5 mois, des journalistes de 15 pays ont enquêté ensemble dans cette initiative unique pour faire vivre le travail de Daphne Caruana Galizia

30

Ans

Daphne Caruana Galizia avait enquêté pendant 30 ans sur la corruption et les réseaux mafieux à Malte quand elle a été assassinée

750 000

documents

Pour vous faire connaître les enquêtes de Daphne, les journalistes participant ont exploité un très grand nombre de fichiers et documents officiels

18

Organisations de Presse

De grandes organisations de presse du monde entier se sont associées à nous pour combattre la censure grâce à ce projet unique

530

Journalistes Assassinés

Selon l’UNESCO, 530 journalistes ont été tués en seulement 5 ans, de 2012 à 2016

1

Plateforme Sécurisée

L’équipe à mis en commun ressources et éléments de preuve grâce à un outil numérique sécurisé proposé par la plateforme de journalisme d’investigation OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project)

COMMENT
TOUT A COMMENCÉ?

Ils ont tué la journaliste. Pas ses enquêtes.

Quand un journaliste est assassiné, nous devons continuer ses enquêtes

par Laurent Richard

Cette tribune est parue dans The Guardian le 16 avril 2018.

 

Des journalistes ont travaillé ensemble, et ceux qui ont tenté de mettre un terme au travail de Daphne Caruana Galizia à Malte comprendront bientôt qu’ils ont échoué

 

Vous avez tué le messager. Mais vous ne tuerez pas le message.

Ces 6 derniers mois, 45 journalistes de 15 pays différents ont travaillé dans le plus grand secret pour poursuivre et publier les enquêtes de la journaliste maltaise, Daphne Cuaruana Galizia, assassinée le 16 octobre 2017.

La collaboration est sans doute la meilleure des protections. Quel intérêt a tuer un journaliste si 10, 20, 30 autres sont prêts a poursuivre son travail ? Que vous soyez un dictateur, ou chef d’un cartel de la drogue, ou un entrepreneur corrompu, l’exposition à la lumière du jour de vos crimes est sans doute votre pire cauchemar. Les journalistes sont les ennemis de l’écosystème frauduleux que vous avez bâti. Mais qu’en est-il si cette exposition devient mondiale et démultipliée ? En vous en prenant au messager, vous amplifierez son message. Ou que vous alliez, vous serez questionné par la presse du monde entier. Ce que vous vouliez cacher sera massivement montré.

C’est là, la mission de notre nouvelle plateforme internationale Forbidden stories : Un réseau de journalistes prêts a prendre la relève en cas d’assassinat ou d’emprisonnement d’un reporter. L’idée est la suivante : faire en sorte que l’information survive à la censure. Les 45 journalistes qui ont décidé de collaborer au Daphne Project n’ont qu’un seul objectif : informer l’opinion publique sur des faits de corruption et de blanchiment d’argent qui ont cours à Malte, au sein même de l’Union Européenne. Des faits que Daphne Caruana Galizia avait courageusement dénoncé et révélé au cours de ces 30 dernières années.

Les auteurs du meurtre de Daphne Caruana Galizia doivent le savoir. Ils ont échoué. Certes, ils ont pris la vie d’une journaliste de 54 ans farouchement indépendante et mère de trois enfants. Mais les commanditaires de cet assassinat, où qu’ils se trouvent aujourd’hui, ont perdu la partie. Pendant les semaines qui arrivent, les dernières informations sur lesquelles travaillaient Daphne Caruana Galizia seront exposées à des millions de citoyens dans le monde.

C’est il y a trois ans que j’ai voulu me lancer dans cette aventure. Le 7 janvier 2015, à 11H32, mes voisins de pallier , les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo ont été massacrés par deux terroristes l’organisation Al Qaeda au Yemen. L’agence Premières Lignes Télévision pour laquelle je travaille avait sa porte en face de celle de Charlie. Par chance, je suis arrivé au bureau quelques minutes après le départ des assaillants. En arrivant dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo j’ai vu l’horreur. Mes confrères, mes voisins, soudainement silencieux, immobiles, couchés, morts.

En 20 ans de métier, j’ai couverts plusieurs conflits, comme en Irak ou au cachemire. J’ai enquêté dans des dictatures. Mais cette fois, c’est arrivé dans mon environnement. Des journalistes tués pour leurs dessins. Cette expérience m’a convaincu de la nécessité d’organiser une réponse « journalistique » aux crimes commis contre la presse. Faire échouer la censure grâce au journalisme collaboratif.

Pour créer notre plateforme, des initiatives similaires nous ont inspiré. En 1976, le journaliste américain Don Bolles était lui aussi tué dans l’explosion de sa voiture à Phoenix, Arizona. Dans les jours qui suivirent, The Investigative Reporters and Editors rassemblèrent 38 journalistes venus des quatre coins des états unis pour terminer l’enquête initiée par le reporter de The Arizona Republic. En 2015, alors que la journaliste d’investigation Khadija Ismayilova était sous les verrous en Azerbaijan , une dizaine de confrères de l’Organized Crime Corruption Reporting Project ont eux aussi poursuivi ses enquêtes portant sur la corruption et l’évasion fiscale des Aliyev, le clan au pouvoir à Bakou. Toute aussi courageuse, l’initiative des journalistes de l’association brésilienne Abraji qui ont continué le travail mené par le reporter Tim Lopez, un reporter brûlé vif en 2002 par les narco-trafiquants d’une favela de Rio de Janeiro. Le journalisme pour défendre le journalisme. Avec une telle solidarité, nous pouvons assurer la survie de l’information.

En 2018, des journalistes continuent d’être assassinés pour leur travail sur le trafic de déchets toxique, l’évasion fiscale, la corruption, la violation de droits de l’homme. Cette censure prive ainsi des millions de citoyens d’informations fondamentales pour leur sociétés, pour l’avenir de leur pays.

A nous journalistes, d’assurer un « effet streisand » à ces enquêtes censurées. L’effet quoi ? L’effet streisand. En 2002, la chanteuse Barbara Streisand porta plainte contre un photographe aérien après la publication de clichés montrant sa maison de Malibu sur un site confidentiel consacré à l’érosion de la côte californienne. Quelle erreur d’avoir porté plainte ! Non seulement, les juges californiens ont débouté la plaignante, mais surtout le dépôt de la plainte par la star américain a attiré un très grand nombre de curieux. Ainsi après l’action en justice le site en question a été visité plus de 400 000 fois. Alors qu’avant la plainte, le site comptait seulement six visites dont deux de ses propres avocats. L’effet Streisand est dans l’ADN de Forbidden Stories.

Laurent Richard est journaliste de l’agence Premières Lignes Télévision et fondateur de la plateforme Forbidden Stories.

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Forbidden Stories est un projet à but non-lucratif qui dépend du soutien financier d’organismes philanthropiques, ainsi que des dons du public.

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Ils nous soutiennent

Can Dündar

Ancien rédacteur en chef du journal turc Cumhuriyet

« C’est un message clair envoyé aux gouvernements oppressifs : si vous touchez à un journaliste quelque part dans le monde, d’autres sont prêts à soutenir et à suivre leurs histoires. »


Khadija Ismayilova

Journaliste d’investigation azérie

« Ce que vous proposez, c’est de créer une rédaction pour les journalistes privés de leur liberté d’informer. Vous allez recevoir des histoires incroyables. »

Marina Walker

Directrice adjointe du Consortium international pour le journalisme d’investigation (ICIJ)

« En travaillant main dans la main, les journalistes peuvent faire reculer la censure. Nous sommes fiers de supporter Freedom Voices Network. »

Bastian Obermayer

Lauréat 2017 du prix Pulitzer

« Même si Forbidden Stories ne sauvait que quelques-unes des enquêtes qui tombent dans les limbes à chaque fois qu’un journaliste est emprisonné ou tué, ce serait déjà une victoire énorme pour les citoyens. »

Fabrice Arfi

Responsable du service Enquêtes à Mediapart

« Le plus beau des projets d’investigation journalistique solidaire contre la censure. »

Will Potter

Journaliste, écrivain et défenseur des droits civiques

« Un projet inspirant et innovant. »

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